Deux jeunes opérateurs locaux, Luxinet et Numévia, viennent de terminer une expérimentation mixant Wimax et WiFi Mesh, qui visait à désenclaver certaines zones du plateau du Larzac. Depuis l'été 2008, l'Aveyron bénéficie d'une couverture en Wimax. Mais des contraintes géographiques rendaient inéligibles 10 % des foyers et entreprises du plateau du Larzac. Pour combler cette lacune, Luxinet et Numévia ont développé une solution associant des technologies Wimax pour la collecte et WiFi Mesh (réseaux WiFi maillés en 2,4 ou 5 GHz) pour la desserte.
« Avec six à sept bornes WiFi, il est possible d'atteindre la plupart des sites inéligibles avec le Wimax seul », explique Thomas Gassilloud, gérant de Luxinet. De plus, certains clients ainsi couverts peuvent être indirectement rattachés, en WiFi Mesh, à des clients eux-mêmes en vue de bornes Wimax différentes. Cela permet ainsi non seulement de couvrir les zones d'ombre mais aussi de profiter d'une redondance.
Un déploiement expérimental a été réalisé du 12 au 16 janvier 2009 sur trois zones du plateau du Larzac. Selon les deux opérateurs, les résultats permettent d'envisager une généralisation rapide de la solution. Les deux acteurs s'étaient eux-mêmes fixés un cahier des charges stipulant que la solution devait être multi-opérateurs et le débit crête au moins égal à celui d'un raccordement direct en Wimax. Pour ce faire, les collectes Wimax sont dimensionnées en fonction du nombre d'utilisateurs raccordés en WiFi Mesh. Par exemple, il est préférable de disposer d'un lien de 4 Mbits/s pour 4 utilisateurs, plutôt que de 4 liens 1 Mbit/s. De plus, les kits de raccordement WiFi Mesh devaient être eux-mêmes multi-opérateurs et multi-utilisateurs.
Ainsi, un seul est nécessaire par site, même si ce dernier est occupé par plusieurs abonnés, clients de différents FAI. Au final, les débits proposés sont de 1, 2 Mbits/s ou 4 Mbits/s et les services fournis incluent une adresse IP à chaque abonné, ainsi que la téléphonie sur Internet avec portabilité du numéro. La desserte WiFi Mesh pourra être utilisée par la suite pour des usages locaux, avec des débits de l'ordre de 10 Mbit/s. Par exemple, plusieurs éleveurs ont émis le souhait de pouvoir surveiller leurs bâtiments agricoles à distance. Des services permettant des connexions temporaires de type hot spots sont également en cours de développement.
Ce schéma d'exploitation des extensions Mesh montre en particulier la répartition entre les rôles des deux opérateurs partenaires.
« L'enjeu de cette expérimentation était de déterminer les moyens humains et techniques pour former rapidement les équipes d'installateurs », explique Sylvain Lacaze, gérant de Numévia. Ce premier déploiement est effectué sans financement public. Numévia a en effet financé l'infrastructure de desserte, tandis que Luxinet a fourni les solutions de collecte via le réseau du FAI Net Aveyron. Les réseaux Mesh sont exploités par Numévia qui propose une offre de gros à chaque FAI (dont sa propre division FAI et Luxinet).
Selon Sylvain Lacaze, « cette expérience sera probablement reconduite sur fonds propres pour les zones qui comptent au moins 5 sites à raccorder. » Mais pour réaliser une couverture rapide et intégrale des territoires, les deux opérateurs en appellent aux collectivités territoriales. « Nous allons leur expliquer que pour seulement 100 € par utilisateur, il est possible d'atteindre une couverture proche de 100 % », conclut Thomas Gassilloud.
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