Tout le monde connaît Nabaztag, le lapin interactif qui parle et remue les oreilles.
La société Violet se tapit dans le terrier de ce phénomène français. Portrait d’une start-up qui a plus d’un tour dans sa gibecière.
De prime abord, Rafi Haladjian ne ressemble pas à un PDG. En T-shirt, détendu et vif, ce pionnier de l’internet français retrace l’histoire de Violet. Après une activité de fournisseur d'accès Internet (FranceNet), il lance en 2003 une start-up sur un créneau conceptuellement ambitieux : « Nous voulons connecter tous les objets de la planète », explique-t-il, amusé et sérieux.
Après quelques essais de produits, l’idée de génie vient en 2005, par hasard. « Nous voulions créer un objet simple et connecté. Il y avait un lapin sur le bureau. C’était incongru, c’était parfait. Le Nabaztag est une démonstration par l’absurde que tout est connectable.» Le premier lot de 5000 lapins est vendu en 10 jours au lieu de 6 mois. Les années suivantes ont donc été consacrées à une gestion des ressources pour faire face à l’inattendu succès. « Le Nabaztag se vend car c’est du popcorn pour l’esprit, analyse Rafi Haladjian. Il fournit de l’information sans écran, sans consommer notre attention. »

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