Décidément les jeunes générations n’ont aucun respect pour les anciens. Alors que des GTA et autres Saint-Rows font croire qu’à notre époque le crime « virtuel » paie, Electronic Arts échoue à faire revivre la licence du Parrain avec ce deuxième opus qui permet pourtant d’explorer une époque passionnante. Mais en dépit de ses bonnes intentions, notamment concernant le mélange d’action et de jeu de rôle, l’éditeur américain se fourvoie et « Le Parrain II » apparaît véritablement bâclé.
Pourtant, tout commence bien. La musique mythique de la saga de Coppola accompagne le lancement du jeu et la première scène d’action, qui se déroule pendant la révolution cubaine (et qui fait office de tutoriel), fait saliver. Ambiance bien campée, voix françaises très agréables et effets d’explosion dignes de ce nom. Mais comme pour une bande-annonce de cinéma, il s’agit ici, peu ou prou, des seuls points positifs que l’on retrouve tout au long de l’aventure.

Si l’on retrouve de nombreux personnages issus de la trilogie du Parrain (excepté Al Pacino qui refuse toujours de posséder son double virtuel), le titre d’EA ne reprend pas la trame du film. Le joueur campe Dominic, un Don (personnalisable via une phase de création d’avatar) qui devra gérer les affaires de la « Famille » d’abord à New-York, puis à Cuba et à Miami. C’est d’ailleurs ce qui distingue le Parrain II des « GTA-like » : ici, il faut savoir passer à l’action mais aussi garder ses arrières et organiser son clan pour qu’il domine les autres. Tous les moyens sont bons pour y parvenir et parmi eux, le plus important consiste à s’accaparer les différents commerces illégaux de chaque ville. Pour ce faire, il faut passer les lignes adverses, en force de préférence vu leur intelligence artificielle et la quasi impossibilité de mourir de notre héros, et faire comprendre au propriétaire que la famille Corleone est constitué de gens bien. En penchant un homme au dessus du vide, ou en détruisant ses biens matériels voire en optant pour quelques taloches, l’affaire devrait être entendue. Signalons d’ailleurs qu’il est possible de tuer violemment vos adversaires. Vos hommes de main vous aideront ensuite à conserver ces activités sous votre contrôle. Les plus évolués, votre garde rapprochée, peuvent même aller en détourner sans vous. Cette élite a une grande importance dans le jeu : il faudra faire évoluer leurs caractéristiques, les promouvoir et utiliser leurs compétences spéciales pour vous défendre comme pour attaquer.

Ces quelques bons points sont malheureusement gâchés par des défauts incroyables : les graphismes font plus penser aux Sims qu’à GTA IV par exemple (qui, pourtant, est loin d’être le jeu le plus impressionnant), l’animation des personnages est plus que limitée – le héros ne sait d’ailleurs pas sauter -, les bugs de collision sont nombreux, les cartes ridiculement petites (il n’y a même pas 10 rues à New-York) et les combats ne demandent guère d’efforts. N’en jetez plus. Quoique, il nous faut encore préciser que la caméra unique est loin d’être pratique et que la conduite des quelques véhicules présents dans le jeu procure autant de sensations qu’une promenade en Trabant sur une autoroute.
Quant au mode multijoueur, censé prolonger la durée de vie du titre, nous n’avons tout simplement pas pu y goûter. Car sur PC, plateforme sur laquelle nous avons testé le jeu, un patch est nécessaire mais encore faut-il le trouver. Nous vous épargnerons cette peine en cliquant ici. Mais une fois connecté, nous n’avons trouvé aucun adversaire et ne sommes apparemment pas les seuls. L’éditeur devrait nous fournir une explication rapidement.
Bien pensé sur le papier, avec son mélange action-jeu de stratégie, offrant quelques éléments très réussis comme la bande-son, le Parrain II est trahi par un aspect technique et certains éléments de gameplay médiocres.
J’achète : pour l’ambiance du « Parrain », l’association action-stratégie
Je n’achète pas : graphismes, animation et jouabilité médiocres
| marque | Electronic Arts |
| modèle | Le Parrain II |
| Prix (€) | 60 |
| Genre | Action/stratégie |
| Plateformes | PC (45 euros), PS3 et Xbox 360 (60 euros) |
| Multijoueurs | jusqu'à 16 joueurs |
| Age requis | à partir de 18 ans |
| Note | 2/5 |
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