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Test : S.T.A.L.K.E.R., quelques grammes d'originalité dans un monde de brutes

Par Denis Poillerat, le 04/05/2007
S.T.A.L.K.E.R. : Shadow of Chernobyl s'est fait désirer mais l'attente ne fut pas vaine. Le titre développé par les Ukrainiens de GSC souffle un vent frais sur les FPS (First Person Shooter) en y associant un environnement inédit et une atmosphère originale tout en approfondissant le gameplay basique (trop) souvent inhérent au genre.

Un univers guère accueillant

Stalker plonge le joueur dans la Zone, cet espace déjà dévasté en 1986 par l'explosion de la centrale nucléaire Tchernobyl et à nouveau touché 20 ans plus tard. Dans cette ambiance post-apocalypitique et pesante, le joueur incarne le Tatoué, l'un des nombreux mercenaires (ou Stalker) errant à la recherche de divers objets précieux et prompt à engager toute conversation par les armes ! Sauf que le héros y débute amnésique - un ressort ô combien original - retrouvé par quelques congénères. Il porte sur lui un PDA, portant un seul message « Tuer Strelok », qui servira tout au long de l'aventure pour afficher la carte, le rappel des dialogues ou encore le type de mission qu'il reste à accomplir. Le fil rouge sera donc de découvrir qui est ce Strelok, ce qui permettra en parallèle de comprendre qui on est également. Dans cet environnement radioactif, beaucoup de choses paraissent en effet obscures et les phénomènes « étranges » sont monnaie courante.

Tout pour le réalisme, quelques touches de RPG

Il faudra donc combattre mais aussi discuter afin de mieux comprendre cet univers, un point rare dans un FPS. Diverses missions secondaires et rebondissements relanceront ainsi l'intérêt limité de la quête principale. Certaines sont cependant fastidieuses et pas forcément très originales. Mais elles ont le mérite de promener le joueur dans un environnement vaste. Peut-être trop d'ailleurs car en l'absence de tout moyen de transport, le Tatoué se contentera de ses pieds pour parcourir parfois plusieurs kilomètres.

Les développeurs ont voulu faire dans le réalisme et il faut avouer que cela plonge un peu plus le joueur dans l'aventure. Finis les sauts de cabris et les courses interminables, le personnage est « humain », comprenez qu'il a une endurance qui s'épuise rapidement. Surtout, il doit composer avec un sac à dos bien souvent chargé. C'est l'un des autres aspects originaux du titre édité par THQ, il ne sera plus possible d'accumuler les armes et autres bonus, l'inventaire étant limité à une cinquantaine de kilos. Et rapidement, cette donne devient essentielle. Difficile de choisir entre un AK47 - limité mais léger - et un bazooka aux caractéristiques opposées. Autre dilemme fréquent, faut-il emporter ce morceau de saucisson trouvé sur un cadavre (!) ou cette boîte remplie de munitions, une denrée rare. Chaque tir sera donc soigneusement calculé sous peine de devoir affronter une horde de bandits à l'aide de son couteau faute de munitions. Toujours côté réalisme, soulignons l'intelligence artificielle plutôt bien ficelée (malgré quelques bugs) et le maniement des armes assez bien rendu (précision, usure, enrayement...). On n'en dira pas tant de l'utilité d'artefacts, des sortes de pierres conférant bonus et malus (protection contre les radiations mais vulnérabilité aux balles par exemple), qui seront plus souvent vendues aux PNJ qu'autre chose.

Techniquement au point

Si avec une machine puissante S.T.A.L.K.E.R est assez remarquable, on apprécie sa souplesse, le titre fonctionnant bien sur des configurations plus « modestes ». Les environnements sont bien rendus et les modifications climatiques impressionnantes visuellement. On n'est cependant pas au niveau de ce que peut amener un Rainbow Six, par exemple, en termes de graphisme mais cela reste très correct.
Les plus exigeants pourront regretter la durée de vie limitée du titre mais les fins alternatives et le mode online pourront compenser ce léger écueil.


S.T.A.L.K.E.R. : Shadow of Chernobyl n'est pas le titre renversant que l'on attendait. Peut-être justement parce qu'on l'attendait trop. Mais le jeu est indéniablement bien ficelé et efficace, des qualités dont ne peuvent se targuer nombre de FPS. De quoi patienter en attendant Crysis...
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