Tout particulier désireux de s'acheter un "linker", carte qui permet notamment de stocker des jeux DS téléchargés illégalement et de les faire tourner sur la console de poche de Nintendo, se place désormais sous le coup de la loi. Depuis le 26 septembre dernier, le géant japonais a obtenu la fin de la commercialisation en France de cet objet, suite à une décision rendue par la Cour d'appel de Paris, révèle Nintendo.
Quatre ans de bataille juridique ont été nécessaires à Nintendo pour mettre fin en France à l'existence légale du linker, un dispositif qui permettait entre autres de pirater sa console portable, la DS, et ses différents modèles (Lite, DSi et DS XL). Depuis décembre 2007, la firme de Kyoto chassait sans répit les revendeurs de ce genre de cartes.
La décision du 26 septembre dernier devrait faire jurisprudence sur cette question, jusqu'ici en plein vide juridique. Nintendo a obtenu 4,8 millions d'euros de dommages et intérêts de la part de six sociétés différentes. La France rejoint ainsi d'autres pays d'Europe (Allemagne, Angleterre, Belgique, Italie...), où ce procédé avait déjà été interdit par la justice.
Si l'interdiction pointe principalement du doigt la vente et la distribution de linkers, "la loi française s'applique de manière identique aux utilisateurs et consommateurs", explique Véronique Vasse, chargée des affaires juridiques chez Nintendo. "Mais il est vrai que les principales personnes concernées étaient des revendeurs, des grossistes et des importateurs".
La grande majorité des magasins ont retiré de la vente ces fameux linkers depuis la plainte déposée par le géant vidéoludique, en 2007. Mais certains sites internet en permettent toujours l'achat. "Logiquement, les sites qui offrent ce type de produit sont appelés à redoubler de vigilance".
Pour l'heure exemptée de tout piratage, la dernière née des laboratoires Nintendo, la 3DS, subit à son tour depuis peu l'intrusion des hackers. Un groupe de pirates vient de poster une vidéo, démontrant la possibilité de jouer à des jeux obtenus illicitement via une carte flash. "Nous sommes au courant depuis un petit moment. Une cellule anti-piratage travaille dessus avec des avocats. La bataille n'est pas terminée".