Cela va sans dire, notre sélection montre que les appareils deviennent de plus en plus performants… mais dans certaines limites, car les dérives marketing et la surenchère technologique, elles, n’en ont pas. Si l’on s’en tient aux basses sensibilités, la mode actuelle consiste à revendiquer des valeurs de 3 200 Iso et parfois plus au prix d’une diminution de la définition des images. Pour cela, l’image est manipulée, avec un lissage qui sert à diluer le bruit et préserver (un petit peu) les détails. Le résultat est souvent une image qui supporte un tirage 10 x 15 cm, parfois plus, mais qui en 20 x 30 cm ou en 30 x 40 cm, des tailles en accord avec la définition des capteurs, met les défauts en évidence : bruit résiduel et forte dilution des détails… comme si la photo était une peinture. Dans la pratique, ce phénomène se manifeste dès 400 Iso et va s’amplifiant. Mais soyons positifs, prendre des photos encore correctes à 400 Iso et parfois même 800 Iso, avec un minuscule capteur relevait de la science-fiction il y a cinq ans.
L’autre technologie qui déçoit est la détection de visages. Comment va réagir le client qui vient d’acheter un appareil et constate que les visages qu’il voit sur le LCD ne sont pas détectés, parce qu’ils sont de profil, en partie cachés par une main ou proportionnellement trop petits pour être identifiés par l’appareil comme tels. La technique marche pour des photos de groupe ou des portraits posés, mais se montre inopérante dans trop de situations pour que l’on puisse la considérer comme mature.
Un autre problème qui fâche est la réactivité de l’autofocus. Au point qu’un appareil qui se comporte excellemment en lumière normale, sur un sujet qui ne bouge pas trop et photographié avec une focale basse, change de personnalité quand l’une de ces circonstances varie. C’est encore une fois la petitesse du capteur et la faible ouverture des zooms en position télé qui sont en cause. Travailler en mise au point centrée ou passer en manuel améliorent considérablement la réactivité. Le reflex, doté d’un capteur spécifique pour l’autofocus, souffre beaucoup moins de ce problème.
Faire ressortir ces aspects n’est pas une charge contre les compacts numériques, que nous utilisons personnellement depuis des années, avec plaisir et satisfaction. Mais il faut savoir recadrer les revendications des marques, pour éviter d’être déçu par un appareil faisant preuve de nombreuses qualités par ailleurs.
Pour aller plus loin dans la comparaison entre tous ces modèles, rendez-vous dans le n°24 de Digital World, actuellement en kiosque.
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