Depuis longtemps, les téléphones portables ne servent plus seulement à téléphoner : le boom du SMS a déjà montré qu'ils constituaient une nouvelle source de distraction et de services. De nos jours, des jeux et des appareils photo sont intégrés dans presque tous les téléphones portables. Les constructeurs ont longtemps utilisé la polyvalence de leurs produits comme argument de vente et lancent sur le marché des téléphones portables avec une diversité de fonctionnalités qui croît constamment. Les smartphones de la dernière génération ont, par exemple, des processeurs assez puissants pour exécuter des programmes de navigation automobile. Les écrans et haut-parleurs de grande qualité affichent clairement les indications, lorsque le conducteur doit changer de route, et répètent les annonces vocales de façon compréhensible.
Il y a cependant un gros hic à tout ceci : les différents systèmes d'exploitation, que les constructeurs intègrent aux téléphones portables. Les téléphones mobiles d'un même constructeur ne sont pas tout à fait compatibles, et ils le sont encore moins lorsqu'ils proviennent de constructeurs différents. Dans le passé, on a régulièrement engagé des initiatives d'uniformisation des systèmes d'exploitation : l'une d'entre elles avait lancé le système d'exploitation Symbian, qui équipe l'interface utilisateur de la Série 60 de chez Nokia. Toutefois, même les téléphones portables équipés de Symbian ne sont pas totalement compatibles entre eux, car chaque constructeur veut y mettre son grain de sel, comme Siemens, qui développe ses propres concepts, sans en avertir clairement Symbian.
Depuis peu, un nouvel acteur sur le marché des smartphones, Microsoft avec Windows Mobile, réussira peut-être à mettre les opérateurs et les constructeurs sur la même longueur d'onde. Les premiers appareils, entre autres de chez Orange, sont déjà en vente, et les prochains sont annoncés. Si le smartphone Windows réussissait à s'imposer, le travail des chercheurs en développement de systèmes de navigation sur téléphones mobiles serait amplement facilité. Jusqu'à maintenant, ils devaient péniblement créer une adaptation de leurs logiciels propre à presque chaque téléphone mobile. Il est possible que l'influence de Microsoft soit effective et pousse les constructeurs à se mettre d'accord pour créer un standard.
Au-delà d'un logiciel de navigation intégré au téléphone mobile, de nouvelles idées sont proposées : le logiciel de cartes extrêmement étendu, qui ne fonctionne qu'avec un système de navigation, est exporté sur un serveur central. Les cartes sont toujours parfaitement réactualisées : elles doivent seulement être disponibles en ligne. Grâce à des systèmes de transmission de données rapides, tels que GPRS ou UMTS, cela ne pose aucun problème, du moins en théorie, de saisir une destination sur son téléphone mobile, et de recevoir une trajectoire calculée par un serveur grâce au logiciel cartographique.
Cela présente des avantages en matière de qualité de route : un serveur a une capacité de ratissage considérablement plus élevée que le meilleur des systèmes de navigation fixes pour automobiles et comprend beaucoup plus de possibilités de trajectoires différentes. La trajectoire optimale ainsi établie est ensuite transférée sur le téléphone mobile.
L'idée est assurément excellente, mais rien qu'en théorie elle présente des faiblesses : il peut arriver qu'en zone rurale le récepteur du téléphone portable ne capte pas. Si l'on s'est égaré, il n'y a aucune chance de se sortir du pétrin avec un système en ligne. Le coût est de même un facteur important : d'une part, plus de deux solutions de système en ligne sur trois prennent des droits sur chaque trajectoire calculée, d'autre part, la transmission de données par GPRS n'est pas gratuite. En conséquence, il s'avère judicieux de se demander quel système (à borne ou en ligne) est le plus approprié à ses besoins.
Quel que soit le système que vous adoptez, vous aurez besoin, en plus du logiciel, d'un récepteur GPS, le mieux étant la version Bluetooth sans fil. Dans tous les packs de logiciels que nous avons testés, le récepteur GPS, nécessaire pour la navigation, était fourni.
La facilité d'utilisation est un autre aspect important des programmes de navigation sur téléphone mobile. Avec leurs très petites touches, les claviers habituels des téléphones mobiles ne sont pas connus pour leur confort. Dans ce domaine, les chercheurs en logistique ont encore beaucoup à faire, pour faciliter autant que possible l'accès des utilisateurs à leur mobile. Les menus, qui justement permettent d'accéder au service voulu, devraient être intuitifs et demander peu de réflexion à l'utilisateur. A ce sujet, la plupart des programmes que nous avons testés présentent un potentiel d'amélioration. Souvent, les constructeurs ne proposent pas de manuel convenable, de fait l'utilisateur ne découvre les capacités du programme qu'en tâtonnant : ce qui a des répercussions particulièrement catastrophiques.
Un autre souci sur certains programmes : l'installation. Les téléphones mobiles doivent être synchronisés au GPS, le logiciel doit être transféré d'Internet ou d'un micro et chargé sur le téléphone mobile. La rédaction de DigitalWorld doute que l'utilisateur moyen s'en sorte sans problème, s'il n'a pas encore utilisé Internet (le Wap) sur son téléphone mobile. Même nos testeurs, experts dans le domaine, ont rencontré divers problèmes.
Lors de la décision d'achat, il est conseillé de faire attention au logiciel de cartes fourni. En principe, vous disposez de la carte de la France. Mais si vous voyagez fréquemment à l'étranger, cela devient plus difficile. Concernant les programmes en ligne, les faits ne vont pas en votre faveur : le GPS est généralement plus coûteux à l'étranger qu'en France. C'est particulièrement contraignant, si l'on n'a pas été attentif aux tarifs et choisi le mauvais opérateur. Pour les systèmes à bord, il n'y a qu'une règle : plus le nombre de cartes voulu est grand, plus le prix est élevé. De façon compréhensible, les constructeurs de cartes numérisées, Teleatlas et Navteq, veulent que leurs produits soient sources de profits. Toutefois, si l'on achète la carte de l'Europe incluse dans le pack de navigation, les coûts sont nettement moins élevés.
FICHE TECHNIQUE
| Nom |
Mobile 5 |
| marque |
Tomtom |
| note |
7 |
| Eléments de saisie de la destination |
Adresse/numéro de rue/code postal/POl/points sur la carte |
| Enregistrement des dernières destinations saisies (nombre) |
Oui (24) |
| Navigation avec possibilité de détecter les embouteillages |
Non |
| Récepteur GPS fourni |
Bluetooth |
| Pays où le guidage est possible |
France |
| Modèles de téléphones mobiles compatibles |
Nokia 6600, 6260, 6670, 7610 Orange SPV E200, SPV-C500, Qtek 8080, 8060, Motorola MPx220 |