Microsoft développe une protection numérique audio moins intrusive
Par Denis Poillerat, le 12/09/2007
Si les DRM sont de plus en plus remis en cause, la surveillance inhérente à la protection des oeuvres est logiquement toujours d'actualité. Ainsi, Microsoft a déposé au début de l'été un brevet pour une technologie de tatouage numérique (watermarking) qui s'adapte aux fichiers non défendus par ces mesures de protection technique. Dénommée « stealthy audio watermarking » (en substance, tatouage numérique discret), elle permet d'identifier l'origine d'un fichier grâce à une « signature numérique directement insérée dans le signal audio et ne pouvant donc pas être contournée », selon le document déposé à l'USPTO (U.S. Patent and Trade Organization), le Bureau des brevets américain, par deux membres du Microsoft Research.
Longtemps, Microsoft a été un partisan déclaré de ces protections numériques avec les Windows Media DRM, censées prévenir le piratage grâce à un cryptage spécifique. Mais les résultats de cette politique n'ont guère été convaincants et ont de plus irrité les consommateurs de par leur manque de souplesse. Un fichier protégé par DRM peut en effet limiter l'utilisation notamment en bridant le transfert sur certains baladeurs. Microsoft, comme Apple, souhaitait trouver un moyen plus souple pour le consommateur d'acheter de la musique en ligne sans toutefois abandonner les ayants droit, inquiets de voir les oeuvres circuler à tout va. Surtout que certaines majors du secteur comme EMI ont décidé d'abandonner ces DRM pour ne pas louper le virage du numérique.
Moins intrusive, la technologie « stealthy audio watermarking » ne crypte pas le fichier audio mais lui associe une sorte de plaque d'immatriculation unique. L'utilisateur ayant acheté un morceau de musique et le mettant à disposition de manière illégale pourra donc être retrouvé. Apple avait déjà employé une telle technique mais certains avaient réussi à la détourner. En insérant les informations personnelles directement dans le code du fichier, la solution de Microsoft semble bien plus difficile à forcer. Evidemment inaudibles, les informations sont disséminées sur tout le fichier audio, devenant ainsi difficilement repérables, et résistent aux compressions et autres réencodages. La firme de Redmond n'a pas souhaité préciser cette semaine de quelle façon elle utiliserait cette technologie. Mais Microsoft Research a déjà licencié une solution similaire à celle de la société Activated Content.