Imaginez : deux semaines de vacances avec les enfants, le trajet en voiture ou en train, une météo incertaine, bref, il va falloir occuper les petits monstres. Rien de tel que de les hypnotiser avec leurs films préférés, à l'arrière sur l'autoroute, dans le salon, le soir, sur le téléviseur de la maison de location. Rien de tel pour cela que le lecteur de DVD portable. Le concept : combiner un lecteur et un écran LCD dans le même appareil, le rendre léger, lui ajouter une batterie et une prise allume-cigare.
Ces produits n'ont rien de nouveau, il en existait même un ancêtre qui se nourrissait de cassettes Hi8 qu'il fallait préparer spécialement pour l'occasion. Mais les prix ont bien changé, tirés vers le bas par la généralisation de la plateforme DVD et de l'écran LCD. Il ne s'agit plus désormais d'un gadget de luxe, mais bien d'un produit grand public. Et le choix est devenu pléthorique. Toutes les marques en ont à leur catalogue. Les tailles d'écran vont de 6 à 12" (15 à 30 cm) et ils sont tous 16/9. Comment choisir ? Tout dépend du public et du confort qu'il désire. Les enfants se satisferont plus facilement d'un lecteur basique doté d'un écran modeste. Un adulte chasseur de produits hightech choisira un écran plus grand et un design plus soigné. C'est que le passé de gadget des lecteurs portables a laissé des traces : ils sont généralement beaux, fins et la finition de certains est carrément séduisante, aluminium brossé et plastiques du plus bel effet.
Un mot du poids pour dire qu'en fait il ne compte pas vraiment. Le lecteur a beau être portable, il ne l'est pas à la ceinture et a vocation à servir posé sur une table, une tablette ou un meuble.
Le bruit en revanche est plus important. A la distance où l'on se trouve en général, le bruit de fonctionnement de la platine DVD peut se révéler gênant. Mais l'action du film ou le port d'un casque ont vite fait de masquer ce trouble. En fait, c'est pour les voisins que ces bruits sont présents. En voiture, le conducteur préférera sans doute le calme à la clameur d'un Astérix déchaîné. La prise casque est parfois doublée, mais le casque n'est quasiment jamais fourni. C'est bien dommage vu le niveau moyen des haut-parleurs installés. Ils sont de taille et de qualité minuscules. Le son a presque l'air de sortir d'une boîte de conserve. Le casque devient donc vite indispensable de toute façon.
C'est dans ce genre de situation que l'on est tenté de comparer les solutions de vidéo nomade. Le concurrent le plus sérieux est l'ordinateur portable. Avec son lecteur DVD et son écran de grande taille (au moins 14"), il a toutes les qualités. Mais l'objet est précieux, plutôt encombrant et il se retrouverait vite en danger dans les mains d'un enfant. Reste alors l'installation vidéo embarquée. Mais les coûts d'achat et d'implantation sont d'une tout autre ampleur. Le lecteur DVD portable reste le bon compromis pour une utilisation familiale et polyvalente.
Les autonomies annoncées pour les batteries dépassent les 2h30, et plafonnent à 4h30. Les lecteurs sont livrés avec un adaptateur allume-cigare 12 V, évitant la batterie en voiture. Ce n'est pas un luxe, l'accumulateur pèse parfois jusqu'à la moitié du poids du lecteur. Autre accessoire répandu : la télécommande. Dessinée dans le même esprit que le lecteur, elle est le plus souvent ultraplate, mais d'une portée limitée. Vue la taille d'écran, on n'est jamais bien loin, cet accessoire semble donc peu utile. Même si les fonctions y sont plus complètes que sur le lecteur même, on aurait préféré la généralisation d'un bon casque semi-ouvert.
Côté visionnage, c'est l'usage qui dicte sa loi. L'écran n'étant pas immense, il reste prévu pour une seule personne, ce qui n'est pas toujours pratique en voiture avec deux enfants. Typiquement, poser l'écran entre les deux sièges avant est déconseillé. Partager le visionnage n'est donc pas facile et une solution de type plafonnier est plus indiquée. Les lecteurs s'ouvrent comme des livres, écran vers l'intérieur. Mais chez Toshiba, l'écran pivote à 180° et se retourne comme un Tablet PC. Chez Sony, on privilégie l'utilisation automobile au point de faire s'ouvrir l'appareil comme un tréteau, écran vers l'extérieur. Chez Philips, on va un peu plus loin, avec une sacoche de transport équipée de lanières qui se fixent autour du siège avant. La solution est si simple qu'on se demande pourquoi elle n'est pas généralisée sur toutes les sacoches, qui restent bien banales. En matière de formats, on retrouve une longue liste de compatibilités des plus classiques, MP3, CD et DVD gravés et formats ésotériques comme le SVCD. A l'inverse, la lecture de DivX est peu répandue. Ce format n'a rien de sorcier ni de vraiment coûteux à installer, mais il faut utiliser des copies d'excellente qualité (donc gourmandes en espace mémoire) pour ne pas dégrader plus avant la qualité d'image. Pour le visionnage de photos, quelques modèles sont équipés de ports cartes mémoire, mais ils restent rares. C'est pourtant une fonction tout indiquée pour les vacances. Un petit conseil, n'hésitez pas à faire des copies de DVD à usage privé. Elles protègeront les originaux des agressions du sable, des jeux turbulents et des manipulations enfantines.
En dehors de l'utilisation automobile ou en déplacement, les lecteurs DVD portables restent tout à fait à même d'alimenter un téléviseur s'il n'est pas trop ancien. En effet, l'épaisseur réduite et l'impératif de mobilité interdisent la prise Péritel. La tranche des appareils accueille donc une série d'entrées- sorties au format mini-jack parfois accompagnées d'un interrupteur pour déconnecter l'écran interne. La sortie vidéo se fait alors en composite (prise jaune), qui est la moins qualitative et pas aussi répandue que la Péritel. Et même si certains cordons sont en S-Video, le signal reste composite, il ne faut pas se laisser abuser par le connecteur. Il existe une exception chez Toshiba, dont le modèle testé a une vraie prise S-Video et une sortie composante YUV. L'entrée vidéo servira à connecter une console de jeux, un caméscope, ou un appareil photo numérique pour une petite séance diapo.
Au final, le rendu sur téléviseur est de qualité moyenne, due en partie à la connectique, en partie au lecteur même, sur lequel on n'est pas toujours très exigeant. Quant au rendu de l'appareil, c'est le principal point faible. Les écrans LCD ne sont pas des modèles de course et à part quelques exceptions, l'image est moyenne, voire médiocre. Quand il n'est pas piloté par une électronique de haut vol, le LCD est une technologie bien décevante, surtout de près : les contours sont imprécis, les couleurs approximatives et la définition victime de résolutions assez faibles, elles-mêmes dues aux petites tailles des écrans. Quant à la luminosité, elle est généralement suffisante pour un visionnage intérieur, mais en milieu ensoleillé, il faut prévoir de quoi faire de l'ombre. Ainsi, les pare-soleil pour enfants se révèleront précieux en voiture. Le LCD montrant ses limites, on regrettera qu'aucun fabricant ne propose d'écran Oled. Mais y aurait-il un marché pour un tel appareil qui devrait être facturé une vraie fortune ?
Car c'est bien la taille de l'écran qui détermine les prix, et ils ont considérablement évolué à la baisse. Comme toujours, l'explication est dans les économies d'échelle : le DVD est une technologie banalisée dont il sort des dizaines de millions d'unités par an. De plus, un fabricant, Shinco en l'occurrence, produit pour de nombreuses marques qui n'ont pas intérêt à se lancer dans ce type de fabrication, les volumes de ventes à la clé n'étant pas suffisants. Résultat, on trouve un lecteur portable pour chaque budget et de très nombreux clones. Le grand absent, c'est le tuner TV. La marque Oceanic commercialise depuis peu un téléviseur TNT portable à écran LCD 7", preuve que l'on peut intégrer la réception numérique dans un petit volume. Pourquoi aucun fabricant n'at- il pas combiné TV et DVD ? Mystère, mais cela ne saurait durer. De même, des lecteurs avec disque dur intégré devraient arriver sous peu.
Sur ce marché, on trouve de nombreuses marques obscures d'origine chinoise qui ne sont pas toujours réputées. Par exemple, Tokaï propose de nombreux produits au rapport équipement/prix imbattable. Cependant la qualité ne se trouve pas forcément là où on l'attend. Pour preuve, un lecteur Mecer nous a agréablement surpris par son prix et la qualité de son image qui tranche avec les standards de la catégorie. Le Toshiba SD-P2700 est de loin le mieux équipé de ce comparatif avec une connectique et une liste de formats lus quasi exhaustives, le tout étant bien sûr facturé au prix fort. Sony, de son côté, propose avec le MV700HR un produit avant tout conçu pour la voiture. Son système de fixation sur appuietête remplace la batterie dans la liste des accessoires fournis, un choix cohérent mais pas très agréable. Quant à la palme du design, elle revient à Samsung avec son DVD-L300W, ultraslim et blanc nacré.
FICHE TECHNIQUE
| Formats lus |
DVD vidéo, CD vidéo, DVD-R, CD audio, CD-R et CD-Rw, CD-DA, DivX, MP3, Jpeg |
| Nom |
SD-P2700 |
| marque |
Toshiba |
| note |
10 |
| avis |
Appareil réussi, connectique complète, hautparleurs de qualité. |
| Taille écran |
23 cm |
| Poids sans batterie |
1,2 kg |
| Autonomie avec batterie |
3h30 |
| Fixation voiture |
Non |
| Lecteur cartes mémoire |
SD, MMC, Memory Stick |