Le numérique par les filles : Ne me quittes pas !
Par Véronique Sanquer, le 03/11/2005

Vous savez comment c'est les filles : elles parlent d'amour dès le premier rendez-vous et sont incapables de dire adieu quand une histoire est finie. Finalement, je comprends l'ennui que cela représente, un prétendant éconduit, collant comme un pansement. Moi, ça fait dix mois que j'essaie de me défaire de l'amour envahissant de Canal+. Et pourtant, Dieu sait comme j'ai employé tous les moyens mis à ma disposition, sans compter ni ma salive ni mes euros. Comme un vieux disque 78 tours bloqué sur son sillon, je ne cesse de raconter mon histoire à des interlocuteurs vaguement ennuyés, qui écorchent mon nom avec bonne volonté et me promettent tous un règlement rapide de cette situation. Et pourtant, j'avais envoyé une lettre recommandée fin septembre dernier, mentionnant mon prochain déménagement et mon souhait de résilier mon abonnement Canal+ en même temps que mon abonnement Noos. Lettre bien reçue par Canal+ puisqu'une charmante dame du service client m'avait appelée huit jours plus tard pour me proposer de convertir ma résiliation en suspension de six mois afin de "pouvoir faire un break et choisir ou non de reprendre l'abonnement ensuite, une fois installés dans notre maison". J'aurais dû me méfier, je le sais pourtant que "faire un break", c'est comme "rester amis", purement illusoire... Après trois mois de discussions houleuses et d'échanges de mails et de courriers, j'ai finalement obtenu de résilier mon abonnement au 30 juin, mais pas d'être remboursée des mois débités pendant ce temps. Les gourous de la relation client feraient bien de relire Maupassant et la rubrique psycho de Elle plutôt que de se gargariser de grandes théories sur "la rétention des clients du portefeuille actif". Parfois, la liberté retient plus que les chaînes...
Moi, je dis : pffffffût.