A l'occasion de la coupe du monde de rugby, la rédaction du mondeinformatique.fr s'est penchée sur la préparation des joueurs, et a découvert que là aussi le high tech a sa place.
Ainsi des chercheurs ont mis au point le rugbor, une machine qui permet de mesurer la pression d'un joueur de première ligne dans la mêlée, et ainsi d'en corriger les éventuels défauts.
A Marcoussis, certains joueurs de l'équipe de France des moins de 19 ans se livrent à de curieux exercices matinaux. Ils prennent appuis sur un carré de pelouse artificielle, puis se lancent à toute volée contre une grande machine sous l'oeil attentif d'une équipe de scientifiques. Leur tête s'enfonce dans une cage, entre deux appuis dans lesquels viennent s'enfoncer leurs épaules. Pour Didier Gamet, maître de conférence à l'Université de technologie de Compiègne (UTC), « tout a commencé lorsqu'il y a eu en 2003, un appel d'offre pour travailler sur le rachis cervical des joueurs de première ligne. Il s'agissait d'étudier les muscles qui l'entourent, de dresser une épidémiologie des blessures qui y sont causées, et de faire une analyse fonctionnelle, c'est à dire de connaître quelles étaient les contraintes rencontrées par un joueur de première ligne de rugby au moment de l'impact en mêlée. »
Comme il était illusoire d'équiper les joueurs pendant la mêlée, les chercheurs du laboratoire Biomécanique et génie biomédical de l'UTC ont conçu ce simulateur de mêlée. On demande aux joueurs de pratiquer 15 impacts successifs, et on observe les différence dans la répartition de la poussée, cette dernière étant relevée par une plaque de force capable d'enregistrer les forces exercées dans les trois dimensions de l'espace.
Un nouvel outil pour le recrutement des premières lignes
« Nous avons pu noter qu'au fil des percussions, la fatigue aidant, les joueurs finissaient par prendre des mauvaises habitude, ils poussaient vers le haut ou le bas, nous avons comparé nos données avec celles relevées par Didier Retière (entraîneur de l'équipe de France des moins de 19 ans) et ça nous a fait plaisir de constater qu'elles correspondaient. » Le dispositif est donc au point pour repérer les mauvaises manies prises par les jeunes joueurs, et donc les corriger.
Il reste encore à régler le problème du coût encore trop important de la machine, ce qui interdit son acquisition par les clubs un tant soit peu modestes, avant de pouvoir imaginer une diffusion de cette méthode. Les chercheurs de Compiègne vont en outre s'atteler à une nouvelle tache, un système dynamique qui réagit à la poussée des joueurs de première ligne.