Entré en photographie numérique sans précipitation et sans arrogance, Charles Nemes a laissé s’exprimer son désir de formalisation conceptuelle de l’image avant de se lancer dans la capture d’instants improbables que seule la photographie sait rendre bien réels. Sa première exposition “Tous droits réservés” qui s’est tenue au café 25° Est à Paris a permis de découvrir trois de ses séries photographiques.
Pendant une quarantaine d’années, Charles Nemes a eu l’oeil collé derrière l’objectif d’une caméra. Réalisateur de films pour le cinéma et la télévision à partir de 1974 (Les héros n'ont pas froid aux oreilles, La Fiancée qui venait du froid, Maigret, La Tour Montparnasse infernale, Le Carton ou encore la sitcom H), scénariste et auteur de romans (Je hais mon chien, Pourquoi les coiffeurs ?, Un chien dans la gorge), sa curiosité d’amateur averti pour la chambre obscure ne pouvait passer à côté de l’image fixe. “Comme tout le monde, j’ai eu mon premier appareil photo vers l’âge de 10-11 ans. J’étais un photographe d’instants familiaux, occasionnel et irrégulier. Ensuite je me suis servi de la photo pour son côté pratique, en repérages notamment.”
En réalité, Charles Nemes a manié le boîtier avec l’amusement du féru de technique et du connaisseur des lois physiques qui régissent la prise de vue, “pour pousser l’appareil dans ses retranchements”. Voire chercher à piéger ses réactions et les détourner dans un sens de création inattendu. D’ailleurs, ce n’est pas la prise de vue qui l’a fait revenir à la photographie.
24/01/2012
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