Outre les smartphones, applications et autres logiciels, l'autre grande tendance du Mobile World Congress de Barcelone tient en un chiffre et une lettre : 4G. Sur cette grande foire annuelle de la téléphonie mobile, qui a ouvert ses portes lundi 15 février, nombreux industriels et équipementiers promettent l'arrivée de la quatrième génération des réseaux mobiles, qui permettra de transporter plus de données et de démocratiser de nombreux usages comme l'Internet ou la TV sur mobile.
Appelé à remplacer progressivement la 3G actuelle, le réseau de quatrième génération (ou 4G) promet, en théorie, des débits bien plus élevés. Basée sur la technologie LTE (Long Term Evolution), la 4G peut offrir des débits descendants atteignant les 100 mégabits par seconde (Mbits/s), contre environ 7,2 Mbits/s pour la norme HSDPA, l'une des dernières évolutions du standard 3G. Annoncé depuis plus d'un an, et expérimenté depuis par des équipementiers et des opérateurs, le réseau 4G a récemment connu sa première application concrète en Suède. Depuis décembre dernier, l'opérateur nordique TeliaSonera commercialise à Stockholm les premières offres 4G au monde. Toutefois, le service n'est pour l'heure disponible que pour les PC sous la forme de clés USB 4G, faute de téléphones compatibles avec la technologie LTE. Pour pouvoir profiter depuis son smartphone des nombreux avantages de la 4G (surf sur Internet en très haut débit, vidéos en HD, transfert de mails avec pièces jointes, navigation GPS, téléchargement de films, etc.), il faudra attendre que l'industrie s'organise.
A Barcelone, la GSM Association, qui regroupe plus de 800 opérateurs et la plupart des grands fabricants, a annoncé l'adoption d'une initiative visant à développer de manière coordonnée l'écosystème de la 4G. En collaboration avec les équipementiers (Alcatel-Lucent, Nokia-Siemens et Ericsson sont positionnés en tête sur le front de la LTE), les opérateurs sont appelés à investir de manière considérable pour assurer le passage, dans les années à venir, de la 3G vers la 4G. Le défi est de taille, puisqu'il leur permettra d'accroître leurs revenus tirés des services sur mobile (TV, Internet, visioconférence, etc.), mais aussi de désengorger des réseaux 3G de plus en plus saturés par l'explosion des smartphones connectés. En France, le processus d'attribution des fréquences devrait débuter prochainement. L'Arcep, qui régule le secteur de la téléphonie mobile, mettra cette année sur le marché deux bandes de fréquences : 800 Mhz et 2,6 GHz. Avant d'émettre leurs réponses, les trois opérateurs (Orange, SFR et Bouygues Telecom) devraient multiplier les tests, avec Alcatel-Lucent, pour évaluer les performances de la LTE dans les zones urbaines et rurales. Côté mobiles, les premiers smartphones compatibles avec la technologie LTE devraient voir le jour fin 2010 voire début 2011, aux Etats-Unis et au Japon.